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Essayer la légèreté


Le bien-être ne se décrète pas. L’insouciance non plus. Après un traumatisme, le corps a besoin de temps.


Essayer la légèreté

 

 

Dessiner, écrire pour dire un traumatisme et son impact, jusqu’à engourdir corps et pensées : Catherine Meurisse, dessinatrice de presse à Charlie Hebdo, publie un album, La légèreté. Son témoignage résonne avec l’expérience qui traverse toute personne confrontée à une épreuve. Dessiner un tunnel, puis une lueur.

 


La légèreté, par Catherine Meurisse - Dargaud éditeur....
Pile : elle s’écroule sous les tirs de mitraillettes. Face : elle végète au fond de son lit à dix heures du matin, après la mort d’un amour. Le 7 janvier 2015, le destin - ou le hasard, au choix - décide pour elle : la dessinatrice arrive en retard à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo. Lorsque les tirs de mitraillettes retentissent, elle est réfugiée dans un bureau voisin.

 

 

Comment un être humain traverse-t-il un tel imbroglio mental et physique ? Psychiatres et neurologues identifient les dégâts d’un état post-traumatique dans le cerveau. Parmi les symptômes : l’anesthésie ou la désensibilisation émotionnelle, sensorielle, mémorielle.

 

 

Au-delà des anti-dépresseurs, les thérapies alternatives telles que l’EMDR - mouvements oculaires - ont le même rôle qu’un pansement sur une plaie. Des heures de psychothérapie ne parviennent pas à reprogrammer un cerveau. Encore moins à le rendre léger.

 

 

Face au réel, Catherine Meurisse a tâtonné, crayon à la main, avant de publier La légèreté, son carnet de bord de l’après-attentat en bande dessinée. Dès les premières pages, elle met les points sur les i : en lieu et place de la dénomination officielle « attentat terroriste », elle opte pour le mot « massacre » qui lui semble mieux décrire une boucherie dans la salle de rédaction.

 

 

La dessinatrice dessine sa nostalgie pour un amour défunt. Elle dessine aussi ses cauchemars ponctués de « tak tak tak » de mitraillettes. Le lecteur réalise peu à peu que si son amant ne l’avait pas quittée, Catherine se serait levée heureuse de bon matin, puis serait morte. Catherine survit parce que, ce matin-là, elle pleurait la mort d’un amour au fond de son lit et qu’elle a pris le bus en retard, sauvant ainsi sa peau.

 

 

Proust, auxiliaire de vie.

 

La légèreté, par Catherine Meurisse - Dargaud éditeur....
Ses amis essaient bien de la distraire : un voyage à Cabourg ; des balades en bord de mer ; la lecture à voix haute de Marcel Proust, son « auxiliaire de vie ». Un thérapeute l’invite à visualiser dans sa tête un « lieu sûr » de son enfance : elle choisit un chemin creux de campagne au printemps. Qu’importe : les « recettes » ne fonctionnent pas.

 

 

Reprendre le dessin ? Le crayon de Catherine Meurisse reste en suspens. La dessinatrice cherche l’inspiration dans les archives du journal. Chaque dessin lui rappelle un ami perdu.

 

 

Du haut d’une falaise, une amie et collègue lui dit : « Moi, ce qui m’a soudain paru le plus précieux, après le 7 janvier, c’est l’amitié et la culture ». « Moi, c’est la beauté », réagit la dessinatrice. « C’est pareil », conclut l’autre voix.

 

 

La beauté, Catherine Meurisse veut en être submergée. Elle part la chercher à la Villa Médicis. Dans son album, elle se dessine stylo à la main, rédigeant trois lettres de motivation.

 

 

Premier jet : « Chère Villa Médicis à Rome, depuis des siècles vous abritez des artistes. Si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phœnix des résidences d’auteur. » Deuxième jet : « Vous incarnez la beauté, les arts et la mémoire, c’est pourquoi je vois en vous mon unique lieu réparateur. » Troisième jet : « Je suis en quête du syndrome de Stendhal, seul capable à mes yeux d’annuler le syndrome du 7 janvier. Accordez-moi l’asile s’il-vous-plaît, c’est une question de vie ou de mort. »

 

 

Le troisième jet est le bon. Catherine Meurisse s'envole pour Rome.

 

 

 

 

Syndrome de Stendhal.

 

La légèreté, par Catherine Meurisse - Dargaud éditeur....
Jour et nuit, elle arpente les lieux. Toute la beauté des arts de l’Antiquité est là, à portée de mains. Stendhal fut pris de vertige, puis d’évanouissement devant tant de grâce. Catherine Meurisse se désespère de ne pouvoir l’imiter.

 

 

Chaque sculpture lui semble rapporter un drame, exhumer une souffrance. Pleurs, pénitences, sacrifices, trahisons, crucifixions, décollations, haines, viols, assassinats : « ça souffre, ça pleure, ça agonise », soupire la dessinatrice qui erre au milieu des œuvres. Elle s’approche d’une statue. Une femme git, tête penchée en arrière, bouche entrouverte. Elle s’en approche au point de la toucher.

 

 

C’est le déclic… (1)

 

 

 

Un an plus tard, à défaut d’insouciance, Catherine Meurisse s’est remise en marche, résolue à « bien rester éveillée, attentive au moindre signe de beauté. Cette beauté qui me sauve, en me rendant la légèreté. »

 

 

Dessiner la lueur.

 

La légèreté, par Catherine Meurisse - Dargaud éditeur....
L’histoire de Catherine Meurisse résonne avec celle de femmes, d'hommes confrontés, une fois dans leur vie, à une petite mort : un traumatisme affectif, professionnel, ou les deux à la fois.

 

 

 

Certes, il n’existe ni comprimé pour dissoudre une violence, ni logiciel pour réinitialiser un cerveau. La douleur reste gravée dans une couche de souvenirs. Le gris, le noir s’ajoutent à la gamme des couleurs.

 

 

 

Le témoignage de la dessinatrice est peut-être une invitation à faire confiance au corps. Celui-ci a besoin de traverser l’épreuve, quitte à prendre du temps, beaucoup de temps - Catherine Meurisse a eu besoin d’une année. Laisser le corps digérer, même si ça grouille à l’intérieur, comme un mauvais repas qui s’éternise dans l’estomac. Laisser le corps contempler. Le laisser reconstruire l’éventail des sensations visuelles, olfactives, sonores, tactiles.

 

 

 

 

 

Un être humain qui survit à un traumatisme est peut-être encore plus sensible à la beauté d’un dessin, d’une caresse. Comme un soleil, la légèreté s’élève à l’horizon. Inutile de courir : elle ne se laisse pas attraper. Catherine Meurisse l’a sentie approcher, les yeux rivés sur une statue de femme à la Villa Médicis. A chacun·e sa douleur. A chacun·e sa légèreté.

 

La légèreté, par Catherine Meurisse. Editions Dargaud.

 

(1) … que nous ne nommerons pas ici, afin de ménager la surprise au lecteur.

 

 


 


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