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Manon Jacobs un pas dans l'industrie


Au lycée Guynemer à Oloron-Sainte-Marie, Manon Jacobs entretient des machines. Visser, resserrer, mesurer, vérifier : il faut réfléchir pour bien travailler de ses mains.

« Parler avec les autres »

Entre Arudy et Oloron-Sainte-Marie, Manon Jacobs se forme pour devenir automaticienne. À 18 ans, elle vibre dans une salle des machines. En chemin, elle croise l’amitié.

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Manon Jacobs à la groupeuse de flacons au lycée Guynemer à Oloron-Sainte-Marie, Pyrénées Atlantiques.« Les machines qui bougent toutes seules, ça me fascine ». Dans une fonderie puis dans l’aéronautique elle vole de stage en stage, mais Manon Jacobs ne revient jamais en arrière. Car son moteur, « c’est la curiosité ». Au lycée Guynemer elle visse, elle resserre, elle mesure. Son truc à elle c’est la robotique, soit les machines en mouvement. À l'atelier, l’élève se sent comme un poisson dans l’eau.

Mais à chaque contrôle elle fond en larmes : dompter le stress, c’est mille fois plus compliqué que de faire un diagnostic, puis de remettre un robot sur pied.

Des marches et des machines

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Presse hydraulique (Pressicc) en maintenance au lycée Guynemer, par Manon Jacobs à Oloron.L’industrie, « c’était vraiment ton premier choix ? » En classe de Seconde, 14 garçons sondent la seule fille de la classe. Alors la lycéenne se revoit à l’âge de 11 ans : de Bordeaux à Bergerac, puis de Bergerac à Arudy, elle aide ses parents qui tirent des câbles puis fixent des spots dans un logement. En Troisième, la collégienne choisit Lutz 64 en stage d’observation. Vite, la figurante met la main à la pâte : le patron lui apprend la méthode pour monter une prise de courant.

Alors quand elle écrit « Pilotage de la maintenance d’installation automatisée » comme choix d’orientation, il y a ici et là de l’étonnement. Une filière technique avec 16/20 de moyenne ? « J’ai besoin de travailler avec ma tête et mes jambes » rétorque-t-elle, bien que son choix lui coûte quelques semaines d’isolement. Trois ans plus tard, les mêmes garçons l’appellent à l’aide : la première de la classe débloque pour l’un un problème de maths, pour l’autre un court-circuit sur le tableau électrique.

Au même moment ses amis au lycée d’enseignement général passent douze heures assis par jour, devoirs compris : impensable pour une ado qui, de retour à Arudy, file marcher sur la voie verte.

Aider une amie

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Manon Jacobs sur la voie verte à Arudy.Sauf que le deuxième jour après la rentrée, Adrien vient à sa rencontre : en Terminale au lycée Guynemer, son truc à lui ce sont les systèmes d’alarme. « Avec lui, j’ai pris goût à discuter », lâche celle qui n’a toujours pas de compte TikTok, mais que cent têtes baissées sur un écran laissent perplexe dans la cour du lycée. Dès lors, parler avec les autres « devient une évidence ». Marion redouble ? Deux amies discutent, puis cap sur un bac technologique en transformation alimentaire : la sortie du tunnel, après deux heures de conversation animée.

En revanche Manon Jacobs n’est jamais allée à une fête : « On y boit beaucoup, et surtout je fatigue le soir. » À 18 ans, elle ferme les yeux. Et c’est parti pour un sommeil qui fait le tour du cadran.

Mais il y a toujours ce fichu stress qui la réveille à trois heures du matin.

Expliquez-moi

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Manon Jacobs pilote un ecolbrass au lycée Guynemer.La boule au ventre, la lycéenne se rend aux épreuves en fin de Première. Dans la cour elle pleure, sa main tremble sur la copie. Un an plus tard, elle frappe à la porte du proviseur. Le bac, ça se passe comment ? Comment se déroule chaque épreuve ? Les coefficients, ça sert à quoi ? « Dès que quelque chose m’échappe, j’ai besoin d’avoir des explications », reconnaît Manon Jacobs qui, face à n’importe quelle machine en panne, aime travailler « avec logique ».

Puis arrive le 7 juillet 2026. Bac en poche, une jeune femme se projette vers l’avenir : bientôt un BTS Conception et réalisation des systèmes automatisés à Pau. Car plus le temps passe, plus la robotique est sa tasse de thé. Peur de l’IA ? « Il faudra toujours des humains pour vérifier que la machine est apte à travailler », répond-elle avec le sourire : dans son domaine, le chômage est hors sujet. Pas question pour autant de « se la péter sur de l’argent : ce qui m’importe, c’est de travailler quand je veux. »

Le sens de la répartie

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Manon Jacobs à la platine de test au lycée Guynemer.Et quand un garçon de la classe lui demande : « Est-ce que tu vas te marier ? », « Est-ce que tu vas avoir des enfants ? », Manon Jacobs philosophe : « Ils voient ma relation avec Adrien comme une romance. Mais je pense surtout que j’ai de la chance. Si je n’avais pas rencontré Marion en Sixième, si je n’avais pas rencontré Adrien en Seconde, je ne serais pas la même personne. »

Voilà pourquoi la jeune femme a le sens de la répartie le jour où, en stage et alors qu’il faut se laver jusqu’au coude après une maintenance, elle lance en guise de boutade : « On ne va pas aller à la douche pour ça ? » La tête et les jambes : dans la vie active, Manon Jacobs sait que les deux ne seront pas de trop pour avancer.

Manon Jacobs en coulisses :

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Voie verte à Arudy, la balade favorite de Manon Jacobs. Elle a obtenu le bac Maintenance des systèmes de production connectée avec mention très bien le 7 juillet 2026.

À partir de septembre 2026, elle commence un BTS Conception et réalisation des systèmes automatisés au lycée Saint-Cricq à Pau.

À l’avenir elle envisage de faire une licence professionnelle, voire une école d’ingénieurs.

Ses deux domaines de prédilection sont l’automatisme et l’électricité.

Manon Jacobs est issue d’une famille ouvrière : sa mère est conductrice de ligne de production, son père magasinier.

Manon Jacobs en maintenance de Savonicc au lycée Guynemer à Oloron-Sainte-Marie, Pyrénées Atlantiques.

Manon Jacobs franchit le pont qui enjambe le gave d’Ossau à Arudy dans les Pyrénées Atlantiques.

Page mise en ligne le 7 juillet 2026. Texte, photographies : Erik Brissot. Tous droits réservés.

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