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Le festin des images


Le toucher relie les cinq sens. Après un massage, un œil neuf se pose sur les choses, les gens. Un être humain crée l’album de ses images.

Regarder, c’est physique

Observer les fresques qui ornent la grotte Chauvet en Ardèche, c’est partir 35 000 ans en arrière. Oui, mais avec quel regard ? Le philosophe Régis Debray provoque un face-à-face entre l’homme et l'image. La vue, c’est la vie, jusqu'aux tripes.


La grotte Chauvet : le panneau des lions.Sous nos yeux : aurochs, mégacéros, lions, mammouths, rhinocéros laineux. La faune de l’ère glaciaire est là, gravée sur la roche. L’homme qui a dessiné un bison il y a 35 000 ans a d'abord raclé la paroi. Puis, il a tracé des lignes au fusain. Il a détouré les contours. Enfin, il a étalé les couleurs avec les doigts : rouge, orangé, ombres charbonneuses.

L’art a-t-il débuté dès l’Aurignacien, lors de la transition entre Néandertal et homo sapiens ? Allons-nous jauger les fresques d'un œil critique ? Sauf que nous ne sommes pas au musée.

Régis Debray, d’une plume incisive, plante son lecteur au cœur de la grotte. Ces animaux féroces, dont l’ours des cavernes et ses 800 kg, ne sont pas là pour le décor. Leurs auteurs n’ont pas crayonné pour faire joli. Encore moins pour la postérité.

« Au début était l’homme ? Non, et tant pis pour notre vaniteux humanisme.
« Au début était la bête, la méchante, la sauvage, celle qui attaque, étripe et peut étendre raide mort. » écrit le philosophe.

La grotte Chauvet : les bisons du pilier.L’homme de la grotte ne peint, ni ses congénères, ni des paysages. Pourquoi tirer le portrait de ses frères de misère ? Pourquoi s’intéresser aux végétaux, alors que ses fascinations, ses peurs ont la forme de prédateurs qui le dépassent en poids et en hauteur ? Quitte à copier la nature, autant figurer ce qu'elle a de redoutable, d'extraordinaire.

« Une minorité de bipèdes chétifs, misérablement appareillés, sans roue ni charrue, sans bronze ni boussole, ni vapeur ni électricité, tenue de cohabiter dans le froid avec une multitude de monstres carnassiers, n’a qu’un recours pour rééquilibrer le rapport de forces : travailler à l’économie en usant de son seul avantage, sa capacité de production symbolique. », poursuit Régis Debray.

Dessiner plus fort que soi, c’est commencer à le domestiquer. Dieu n’avait pas encore pris place dans les esprits. Dessiner la bête servait peut-être à soulager une détresse, donner forme à une vie hors norme prête à fondre sur sa proie.

Dessiner pour conjurer une peur


La grotte Chauvet : l’alcôve du rhinocéros.Dans les salles de la grotte Chauvet, le visiteur du XXIème siècle n’arpente pas le musée des beaux-arts : « Les galeries parlent sang, sexe, chaleur et flux. Ici, l’être humain tente de persévérer dans l’être, à mains nues. On vainc la peur. On conjure sa fin. On rameute du vivant à la lueur d’une flammèche. On reprend des forces au milieu de la nuit. »

Dans chaque fresque, Régis Debray lit un SOS. « Un moyen de surmonter sa trouille et de passer l’hiver. »

Les premiers artistes de l’ère préhistorique se fichaient éperdument de goût, de style, d’esthétique. Produire du beau est une invention récente. L’instinct de conservation n’avait que faire avec la contemplation. Survivre, protéger sa progéniture : tel était le projet de vie.

Une image d’un mammouth ne sert pas à distraire, mais à conjurer le sort. Coïncidence : les mots image et magie contiennent les mêmes lettres.

Le sens du trait


La grotte Chauvet : le panneau des chevaux.Comble de l’ironie : ces fresques âgées de 35 000 ans n’ont rien de primitif. Régis Debray attire notre regard sur l’élégance nerveuse du trait, jusqu’à l’œil d’un fauve, ce qui prouve une « magistrale maturité ». Loin d'un gribouillis d’enfant, chaque dessin témoigne d’une dextérité technique, d’une intensité expressive, d’une énergie concentrée dans une silhouette.

L’homme dit primitif ne s’auto-proclamait pas artiste. Mais il avait déjà le sens de la perspective.

Alors, l’auteur invite à mettre fin à notre « progressisme paresseux ». Il y a 35 000 ans, un homme avait tout compris, tout ressenti. Il captait la richesse sensorielle de son environnement, loin des jeux de signes propres à un art contemporain abstrait, hors sol. À Chauvet, l’image est « toute palpitante de vie immédiate ». Le voisin de palier est un ours qui vient hiberner dans la grotte.

Mi-hommes, mi-bêtes


La grotte Chauvet : l’alcôve des lions.Les représentations les plus saisissantes se cachent dans les salles sombres et reculées. Apparaît alors un personnage mi-femme, mi-bison. Régis Debray remarque que les fresques jouent avec la forme de la roche avec subtilité, jusqu’à utiliser une cavité triangulaire dont la forme « n’est pas sans rappeler le pubis et la vulve féminine, l’origine du monde.Plus c’est secret, plus c’est sacré. »

Ainsi débarrassée des habits culturels et religieux que notre siècle attribue aux images, une fresque parle d’une réalité à l’état brut.

Il y a 35 000 ans, les graphistes, les peintres avaient-ils déjà le sens du sacré ? Nous ne le savons pas. Avec les moyens du bord, ils luttaient contre la mort.

Les photos qu’ils postent du passé ont « une haleine animale, un souffle de vie ». Alors, le mot spiritualité retrouve ses racines : une respiration.

Le stupéfiant image

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Les fresques de la grotte Chauvet servent de point de départ à un voyage qui mêle images et récits. Dans son livre, Régis Debray propose 31 étapes à travers les âges : Rembrandt, Vlady, le billet de 5 Euro, Willy Ronis, jusqu’à Giorgia Fiorio et ses photographies d’hommes qui transpirent dans l’effort.

Régis Debray souligne que les images ont une emprise sur l’inconscient : elles ne sont pas structurées comme un langage écrit ou parlé. En rêve ou en cauchemar, les images défilent, tel un album mis sens dessus dessous. Elles font des va-et-vient dans le temps. Elles sèment la confusion dans les sentiments. Elles créent des films - appelés fantasmes - où la censure n’a pas droit de cité. Leurs apparitions se révèlent plus intimidantes que n’importe quel roman.

Le jour, l’être humain parle et agit pour la galerie. Ses effets de manche ne sont que stratégies. La nuit, des images en clair-obscur le gouvernent en sous-main.

Un homme qui sait qu'il va mourir repasse le film de son existence en quelques secondes. Le patchwork contient des images drôles, étonnantes, banales, irremplaçables.

Les images donnent une irrépressible envie de voyager. Rembrandt, Picasso, Warhol passent les frontières pour nourrir leur trait. Les écrivains, eux, ont tendance à mener une vie monacale. Pour se confronter physiquement aux œuvres, il faut prendre le train, d’Amsterdam à Gênes. Les visuels ont un tempérament nomade, alors que les lecteurs s’enfoncent volontiers dans un hamac, un canapé.

Pour Régis Debray, l’image fixe, par son ingénuité, peut atteindre la même universalité que les mathématiques.

Régis Debray : Le stupéfiant image. Éditions Gallimard.

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La grotte du Pont d'Arc, au sud de l'Ardèche, est découverte en 1994 par l'archéologue Jean-Marie Chauvet ; d'où son nom de grotte Chauvet. C'est l'une des plus anciennes grottes ornées au monde. Les fresques de Lascaux, par exemple, datent de 18 000 à 17 000 avant le présent.

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Massages les yeux ouverts, les yeux fermés


Les massages vus par Cyrille Cauvet, photographe, au Centre de bien-être Le Corps S’éveille.Au cours d’un massage, certaines personnes ferment les yeux. D’autres les gardent ouverts. Parfois, elles oscillent entre les deux.

Un massage invite la personne massée à entrer dans le monde des ressentis. La porte des sensations s’ouvre plus aisément lorsque la personne ferme les yeux.

Pour autant, il n’existe pas de règle.

Chacun·e visualise son bien-être à sa manière : yeux ouverts, yeux fermés, ou en jouant avec les deux points de vue.

Peu à peu, des images émergent : un souvenir, un paysage, un visage. L’album photo qui se crée avec le toucher a la saveur d’un jardin secret.

Images et toucher dialoguent en silence.

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Regards de chercheurs sur le monde

Un court-métrage puise dans la photothèque de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Photographies prises par des chercheurs et des scientifiques dans l’hémisphère sud.

« Tout part du regard. Tout part de l’image qui est au cœur de la recherche. Reste à ordonner, classer, décoder, interpréter les images isolées ou en série.

« La photographie installe un lien unique et invisible entre le scientifique et l’objet de sa recherche.

« La photographie force son regard. Elle le prolonge. Elle offre matière à énumérer, quantifier, comparer dans l’espace et dans le temps. Elle donne à voir ce qui semble secondaire. Pour le scientifique à la recherche de la preuve, elle est un témoignage irréfutable de ce qu’il observe.

« Avant d’être mémoire, la photographie est support du présent. L’image s’inscrit dans une tension entre le statique et le mouvant. Elle invite à être à l’écoute des lumières, des couleurs, des formes et des mouvements.

« Par essence instantanée, la photographie fige un moment, un espace. Elle permet de faire des mesures, d’établir des comparaisons d’un même objet, d’un même lieu, mois après mois, année après année.

« La photographie documente le déroulé de l’évolution.

« La photographie dévoile par anticipation le regard du chercheur sur le monde. Elle révèle les féeries cachées sous la surface du réel.

« La photographie est un formidable ambassadeur de la science. Au-delà de l’illustration, elle transcende les cultures, les savoir et les habitudes.

« Par son langage universel, la photographie crée du lien. Elle s’affirme comme une reconnaissance de l’autre, et d’une certaine manière comme un miroir de soi-même. »

Textes : Gaëlle Courcoux, Cristelle Duos, Marie-Lise Sabrie. Voix : Philippe Torreton. Réalisation : Hubert Bataille et Maryline Leducq.

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Dessiner un bien-être après un massage.

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