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Santé et dérives sectaires


Une étude de la Miviludes aborde la question des dérives sectaires dans le domaine de la santé.

Une étude appelle à la vigilance

En matière de santé, où se situe la frontière entre les méthodes fiables et les pratiques ésotériques, voire sectaires ? La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires - Miviludes - publie un rapport : Santé et dérives sectaires. Les médecines douces y sont montrées du doigt. Analyse.

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Sous l’autorité du Premier Ministre, la Miviludes « observe et analyse le phénomène sectaire, coordonne l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre des dérives sectaires, informe le public sur les risques et les dangers auxquels il est exposé. »

Le secteur de la santé concentre l’essentiel des dérives sectaires, en raison des promesses de guérison que certaines médecines alternatives diffusent : par exemple, guérir d’un cancer ou d’une dépression. La détresse des êtres humains devient un marché comme un autre, avec ses potions magiques, ses croyances et ses manipulations.

L’étude aborde le sujet par quelques chiffres-clés :

4 Français sur 10 ont recours aux médecines dites alternatives, dont 60 % parmi les malades du cancer,

Il existe plus de 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique,

On compte 1 800 structures de formation « à risques » dans le domaine de la santé,

4 000 « psychothérapeutes » autoproclamés n’ont suivi aucune formation et ne sont inscrits sur aucun registre,

On évalue à près de 200 le nombre de "bio-décodeurs", à plus de 800 le nombre de kinésiologues,à environ3 000 le nombre de médecins qui seraient en lien avec la mouvance sectaire.

Comment définir une « dérive sectaire » ?


Le génie de la Liberte, par Auguste Alexandre, en 1885. Musée du Louvre.En droit, il n’existe aucune définition du mot secte. Respectueux de toutes croyances et fidèle au principe de laïcité, le Législateur se refuse à définir les notions de secte et de religion. Pour les mêmes raisons, il n’existe pas dans la loi une définition de la dérive sectaire.

Néanmoins, plusieurs commissions d’enquête parlementaires ont établi des critères pour la cerner :

La déstabilisation mentale ;

Le caractère exorbitant des exigences financières ;

La rupture avec l’environnement d’origine ;

L’existence d’atteintes à l’intégrité physique ;

L'embrigadement des enfants ;

Le discours antisocial ;

Les troubles à l’ordre public ;

L’importance des démêlés judiciaires ;

Le détournement des circuits économiques traditionnels ;

Les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics.

Un seul critère ne suffit pas pour identifier une dérive sectaire. De même, tous les critères n’ont pas la même valeur.

Néanmoins, le premier - la déstabilisation mentale - est toujours présent dans une pratique sectaire.

C’est pourquoi le Législateur a créé le délit d’ « abus frauduleux de l’état de faiblesse par sujétion psychologique ».

La dérive sectaire selon la Miviludes


Liberté, par Helleboria Bogdanae.Depuis sa création en 2002, la Miviludes s’emploie à mieux la décrire :

« La dérive sectaire est un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes, à l’ordre public, aux lois ou aux règlements.

« Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société. »

La Miviludes cerne les trois étapes qu’un gourou ne manquera pas d’emprunter pour parvenir à ses fins :

• d’abord, la phase d’approche : «nous allons vous aider»,

• puis la phase de séduction : «nous avons une solution pour vous»,

• enfin, la phase de soumission : «vous ne pouvez plus vous passer de nous».

La dérive sectaire appliquée à la santé


Les Toiles de Mer à Brest, par Didier Gombert.Appliquée au domaine de la santé, la dérive sectaire semble gagner du terrain. L’étude de la Miviludes dresse une liste des méthodes qui entrent dans le champ de pratiques manipulatoires.

Dans le domaine psychologique, l’étude cite les « méthodes pseudo-thérapeutiques » telles que le décodage biologique, le rebirth, le rêve éveillé, la méthode Simonton, la programmation neuro-linguistique, l’ennéagramme et l’EMDR (mouvements oculaires).

Les pratiques corporelles jugées «sectaires» sont tout aussi nombreuses. On y trouve par exemple la fasciathérapie, la kinésiologie, le reiki, le massage chinois Tui Na.

Par ailleurs, l’étude considère comme « pratique sectaire » le fait pour un praticien de conseiller des huiles essentielles, des jus de légumes, du jus de citron, des aliments crus ou du bicarbonate de soude pour guérir de maladies graves, y compris les cancers. Le jeûne et le végétalisme comme remèdes entrent aussi dans le lot.


Sculpture présentée au musée d’Orsay. Photographe : Michael Sean Terretta.Enfin, la Miviludes pointe du doigt les méthodes de développement personnel en vogue telles que le néo-chamanisme, le rééquilibrage énergétique et la libération des cuirasses (sic).

Mises bout à bout, ces pratiques rassemblent 40 méthodes thérapeutiques alternatives, soit la majorité des médecines douces. Quelques «rescapés» comme l’homéopathie et l’acupuncture sortent indemnes de l’étude.

Le risque de la dépendance

L’étude de la Miviludes, menée et rédigée par une équipe de médecins, semble ainsi s'emparer du terme dérive sectaire avec un objectif plus large : ramener les brebis égarées dans le giron médical et renvoyer les soins alternatifs à la période new-age. Elle a néanmoins le mérite de rappeler à chacun·e qu’il n’existe aucune potion magique contre la maladie et la détresse.

L'objet de notre article n'est pas de mesurer l'efficacité de telle ou telle méthode thérapeutique, sous peine de sortir de notre champ de compétence. Remarquons simplement que la seule utilisation du mot "énergies" dans le registre des soins alternatifs prête déjà à confusion.

Surtout, et quelle que soit la méthode choisie pour essayer d'aller mieux, chacun est invité à la plus grande vigilance pour protéger son libre-arbitre : tâche difficile lorsque la personne est diminuée. A la fin d'une séance, un praticien ouvre-t-il avec autorité son agenda pour fixer le prochain rendez-vous ? Un début de manipulation se manifeste déjà par un geste en apparence anodin.

L’étude rappelle le risque de dépendance que peut engendrer une relation entre une personne fragilisée et un praticien, lequel peut en abuser à des fins mercantiles ou par goût pour le pouvoir sur autrui.


L’étude de la Miviludes oublie au passage que la médecine officielle n’est pas exempte de «dérives sectaires». L’actualité récente a révélé quelques affaires : abus de pouvoirs de la part de quelques rares médecins ; scandales au rayon des médicaments.

Rappelons que les études dans le domaine médical sont jugées les moins sérieuses par les chercheurs spécialisés dans l’évaluation de la recherche scientifique. Selon John Ioannidis, chercheur en médecine à Stanford (Californie) et qui passe au crible des milliers d'articles, près de 90% des études publiées comportent des biais disqualifiant leurs résultats.

La fraude met à mal la crédibilité de la médecine. Les promesses de guérison se répandent bien au-delà du reiki, du rebirth, de la kinésiologie et du jus de citron.

Par ses raccourcis, l'étude tend enfin à confondre les petits gestes du quotidien avec un traitement. Boire un jus de légumes, mettre quelques gouttes d’huiles essentielles dans son bain n’a jamais fait de mal à personne, à condition de ne pas confondre qualité de vie et thérapie.

Rien n’est plus fragile que la liberté de conscience. Elle n’en est que plus précieuse.

Et les massages bien-être ?


Depuis sa création en 2005, la Fédération Française de Massages Bien-Être (FFMBE) balise soigneusement la place des massages dans les ressources de santé.

Un principe est posé : les massages bien-être n’entrent pas dans le champ médical. Ils ne relèvent pas d'une méthode thérapeutique. Aucun praticien agréé n’a le droit d’imposer un quelconque protocole s’apparentant à un «traitement» en vue d’une «guérison».

Chacun reste libre d’apprivoiser les massages comme une ressource de bien-être, choisir le rythme de ses rendez-vous, découvrir un autre lieu, changer de praticien comme bon lui semble.

L’étude de la Miviludes a un autre mérite : rappeler les règles déontologiques élémentaires qui s’appliquent à tout professionnel œuvrant dans le domaine du bien-être et de la santé. L’humilité du praticien va de pair avec ses compétences.

Article mis en ligne le 1er septembre 2015

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